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31/05/2017

Après l'« effet Goncourt », l'« effet Palme d'or»

Festival de Cannes : la bonne aubaine économique de la Palme d'or

Nicole Vulser pour Le Monde


David Grumbach, président de Bac Films, est un homme heureux. Le distributeur de The Square, du réalisateur suédois Ruben Östlund, a remporté, dimanche 28mai, «sa» première Palme d'or au 70e Festival de Cannes. Elle récompense « une comédie grinçante et iconoclaste» sur un conservateur de musée d'art contemporain. Ce trophée «devrait permettre de trouver un public plus large que celui de l'art etsquareicon2_281 essai classique», dit-il. Pour ce long-métrage de 2h25 en suédois, danois et en anglais, qui n'a - loin s'en faut - pas convaincu tous les critiques, Bac Films n'a pas encore décidé de date de sortie. Mais la Palme donne au distributeur « un statut de faiseur de roi», explique Mathieu Robinet, directeur général de Bac Films. Les objectifs d'entrées en salles «seront largement dépassés », selon lui. Ils sont supérieurs au score du dernier film de Ruben Östlund, Snow Therapy (180 000 entrées en 2015). «Nous ne voulons pas noyer le marché de copies », affirme toutefois M. Grumbach. «Depuis hier, nous sommes submergés de demandes et de SMS. Tous les patrons des drcuits nous ont félicités et nous demandent de ne pas sortir le film la semaine où eux-mêmes ont prévu une grosse sortie... », ajoute-t-il. Peu habitués à goûter un tel succès, les responsables de Bac Films expliquent : «La Palme d'or valide nos choix et notre politique vis-àvis des exploitants, qui pour une fois sont en situation de demande, et aussi vis-à-vis des mandataires de films. » La Palme d'or apporte la garantie d'être mieux distribué en salle et donc de générer d'importantes recettes. Une aubaine pour toute la chaîne qui a participé au long-métrage : le producteur, le réalisateur et les acteurs, qui voient leur cote grimper, le distributeur et les exploitants... Pour Xavier Hirigoyen, directeur de la distribution chez Le Pacte, la Palme d'or attribuée en 2016 à Moi, Daniel Blake, de Ken Loach, a permis de « négocier une date de sortie en salle très stratégique, la première semaine des vacances de la Toussaint, quand le public part peu en vacances mais va beaucoup au cinéma parce qu'il pleut». Qui plus est, le distributeura pu imposer aux exploitants «une obligation de garder à l'affiche le film pendant trois semaines au minimum ». Si bien que ce long-métrage sur la vie d'un menuisier anglais contraint de rechercher un emploi a réalisé 962648 entrées en France. «Sans la Palme, il aurait plafonné entre 500 000 et 600 000 entrées et aurait été sorti en décembre, à une date moins intéressante», assure M. Hirigoyen.
«Notoriété extraordinaire» Jean Labadie, le distributeur qui a soutenu huit films récompensés par une Palme d'or (dont Sailor et Lula de David Lynch, Barton Fink des frères Coen, Les Meilleures Intentions de Bille August, Pulp Fiction de Quentin Tarantino ou Le Pianiste de Roman Polanski), contrait mieux que quiconque l'impact de ce trophée.« C'est colossal. Cela donne une notoriété extraordinaire au film. On peut parler d'un véritable effet Goncourt. » La médiatisation joue très fortement puisque le Festival de Cannes reste l'événement culturel le plus «couvert» de la planète, ajoute-t-il.
Si toutes les fées se penchent audessus du berceau de l'heureux film palmé, aucune certitude n'est cependant avérée sur sa carrière. Depuis la création du Festival, dix-neuf films ont dépassé le seuil du million d'entrées en France. Le salaire de la peur d'Henri-Georges Clouzot (1953) détient le record absolu avec 6,9 millions d'entrées en France. Les plus grands succès se situent avant les années 1980, à l'apogée de la fréquentation en salle. A contrario, on trouve en queue de peloton Les Meilleures Intentions de Bille August, Palme d'or en 1992 (91500 entrées). «Assassiné à l'époque par la critique, il mérite pourtant d'être revu », assure M. Labadie.
La plupart du temps, le coup de pouce cannois est indéniable. En moyenne, cannes_ostlund700x430_281depuis dix ans, les longs-métrages palmés ont obtenu 737000 entrées en salle en France. Un joli résultat, surtout pour des films d'auteurs qui dépassent très rarement le demimillion. Certains films plus difficiles d'accès ont ainsi trouvé une audience non négligeable. The Tree of Life de Terrence Malick (2011) a flirté avec les 900000 entrées en salle.4 mois, 3semaines et 2 jours (2007) du Roumain Cristian Mungiu a enregistré 329000 entrées, une performance notable pour un long métarge sur les avortements clandestins sous l'ère de Ceaucescu. Le réalisateur n'a jamais dépassé les 65000 entrées par la suite.
Le très contemplatif Onde Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures (2010) du thaïlandais Apichatpong Weerasethakul a lui séduit 127000 spectateurs, soit cinq fois plus que Tropical Malady, qui avait fait connaitre le réalisateur à Cannes (Prix du jury en 2004).
Une palme n'aura jamais le pouvoir de transformer un film d'art et essai en succès digne d'une grosse comédie ou d'un blockbuster américain. Mais elle permettra à son auteur de poursuivre plus aisément sa carrière. Alors qu'une large partie du public cannois espérait cette année une Palme d'or pour 120 battements par minute de Robin Campillo, ce film, qui retrace l'histoire de l'association de lutte contre le sida Act Up-Paris au début des années 1990, devrait séduire un très large public en salle. Son Grand Prix décerné par le jury présidé Pedro Almodovar n'y sera pas étranger. •
C'est, en moyenne, [e nombre d'entrées dans les salles de cinéma françaises enregistrées par les films récompensés de la Palme d'or au Festival de Cannes ces dix dernières années, selon le Centre national du cinéma. Ainsi, le lauréat de 2016, « Moi, Daniel Blake», du Britannique Ken Loach, a réalisé 962 648 entrées dans l'Hexagone.

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